L'Espace Phare

Cédric Fattebert réside en Suisse romande, aux abords du Lac de Neuchâtel.
Né en 1975 sur les rives du Léman, il est très tôt baigné dans les lumières si particulières
de cette région qui influenceront son travail.
Il a commencé par la photographie en 1992, d’abord argentique puis numérique, et il est
arrivé à la peinture en 1999.
Il débute son exploration picturale par la gouache et l’acrylique avant de se tourner
uniquement vers l’huile quelques années.
Aujourd’hui, il travaille en techniques mixtes, souvent sur la base de ses propres
photographies.
Son travail se base beaucoup sur des fonds faits de mélanges de terre, de poudre de
pierre et de colle de peau ; ces charges donnent une profondeur physique à ses travaux. Il
aime à étirer la matière, à travailler ses couches de pigments afin de rendre son oeuvre
plus énergique, plus vivante.
Depuis plus de 20 ans, il explore, découvre et intègre dans sa peinture ses expériences
quotidiennes, ses envies, ses émotions, ses intérêts, ses passions et ses
questionnements. C’est une recherche de tous les instants, une réflexion en flux tendu qui
le pousse souvent lors de séances en atelier à abandonner ses outils pour saisir un
crayon et consigner dans un carnet quelques notes desquelles ressortira peut-être plus
tard une toile.
Le peintre travaille fréquemment plusieurs projets en parallèle. Cette façon de faire est
nécessaire afin de concilier la durée d’élaboration (liée à la technique, à la complexité des
moyens mis en oeuvre, aux recherches faites au préalable ou au travail de préparation
fondamental pour obtenir un résultat de qualité) et la dynamique qui sous-tend son
oeuvre.
Une telle multiplicité de projets, parfois même très différents les uns des autres, implique
que ses périodes et ses styles de peinture évoluent rapidement et reviennent
régulièrement transformés et nouveaux.
Tout en donnant une place importante au hasard, à la surprise, l’artiste recherche le trait
juste, la vibration derrière la couleur. Il joue de la structure du support et laisse souvent
l’humeur du moment guider sa spatule et ses pinceaux.
Interpelé par la revalorisation de matériel obsolète, inspiré aussi par le métal qui se
dégrade sous l’action du temps qui passe, l’artiste présente ici des oeuvres qui rappellent
l’amoncellement de strates tant matérielles que symboliques. Des couches qui s’entassent
pêle-mêle, certaines sombres, d’autres lumineuses, des moments qui s’empilent
patiemment jusqu’à former un mille-feuille aux couleurs de la vie.
Sensible également aux charmes des muses qui ont tant inspiré les peintres, Cédric
Fattebert leur rend hommage dans des peintures au formes plus organiques dont le
graphisme abstrait estompe les lignes premières des modèles et permet ainsi une évasion
du regard dans un monde onirique